Les noms des paroisses se terminant par AC, ont très souvent pour origine la présence de villas Gallo Romaines.
Pour Campagnac, il est fort probable qu'il s'agisse d'un nom d'homme « Campagnus », et du suffixe d'appartenance « acum ».
Il y aurait eu un camp romain sur les hauteurs de Pouchou. La voie romaine Cahors-Perigueux passait aux Vitarelles, non loin de Campagnac.
Le choix du site doit beaucoup à la présence de l'eau : nombreux puits dans le bourg et fontaines autour du lieu.
Il y avait autrefois une mine abondante en fer, abandonnée à cause de l'éloignement des forges.
L'essentiel du territoire est sur le causse, plus fertile que le segala.
L'ouest du Quercy, entre Lot et Dordogne, fut, au 12éme siècle, l'objet d'un conflit entre le Comte de Toulouse et le Roi d'Angleterre.
La seigneurie de Campagnac se trouve donc au cœur de ces luttes, passant d'une domination à une autre.
Durant la deuxième moitié du XVIème siècle, Marminiac demeure un îlot catholique romain cerné par trois communautés réformées : Villefranche du Périgord, Campagnac et Cazals.
C'est uniquement lorsque les seigneurs sont huguenots, que les paysans passent à la religion réformée.
Les comptes-rendus des enquêtes, requêtes et condamnations de la sénéchaussée et du Présidial de Sarlat, nous renseignent sur les relations conflictuelles des nobles de Campagnac avec leurs tenanciers et les nobles du voisinage.
1670 : l'information faite contre Pierre Delrieu, à la requête de dame Françoise de Giscard, qui l'accuse de lui avoir coupé un arbre, est cassée, attendu « qu'un seigneur devant estre le patron de ses justiciables, il ne doibt pas facilement et pour peu de chose, comme est celle dont il s'agist, les poursuivre criminellement ».
1671 : les tenanciers de Campagnac protestent auprès de la justice contre les prétendues banalités des moulins de la dame de Belcastel, et le 31 juillet 1671 l'intendant ordonna que les mesures trouvées aux moulins de la Brousse et de la Paillole soient brisées (mesures fausses afin d'obtenir le maximum des tenanciers).
La mauvaise foi de la redoutable Françoise était telle qu'elle fut emprisonnée à Bordeaux, ainsi que son fils. Il est à noter que les tenanciers furent soutenus par le sieur Cangardel juge à Campagnac. Les Cangardel, famille notariale de Campagnac depuis le 15éme siècle. Cette Françoise de Giscard empêchait le juge Cangardel de rendre la justice, maltraitait et battait les habitants de Campagnac. Elle fut condamnée à une amende de 4000 livres de dommages et intérêts à la communauté de Campagnac.
1673 : Jean Brinou, agissant tant pour lui que pour Marie Clarette sa femme, qui l'un et l'autre auraient été maltraités dans leur maison par le seigneur de Belcastel, de Campagnac les Quercy, se qualifiant chevalier de Belcastel.
On constate que la situation financière de la petite noblesse rurale se dégrade et amène parfois à des pratiques répréhensibles. Les rentes en argent donnaient un très faible revenu. Restées telles qu'elles avaient été fixées au moyen âge, elles ne représentaient plus qu'une valeur infime.
Deux journées d'homme, un carton de seigle, vingt cartons d'avoine, onze sestiers de froment, une poule et guet pour chaque maison ou famille faisant feu dans le tènement, ne faisaient qu'un mince revenu. (Une somme était versée par les tenanciers, en remplacement du vieux droit de guet du temps où ils concouraient à la défense du château.)
En 1775, la seigneurie passe à Jean-Baptiste de Calvimont de Saint Martial, petit fils d'Elisabeth del Peyronenc, sœur et héritière de Jean-Baptiste.
Le 22 floréal an IV (11 mai 1796) vente des biens de Mr de Calvimont, hostile à la révolution et émigré en Angleterre. Le château est adjugé à Mr Salesses, pour 26 000 livres. Il fut ensuite acquis pour une partie par Marguerite Giscard et pour l'autre par Paul Vergnolle. Les bâtiments furent ensuite achetés par la commune en 1889, pour y construire une école.
Il ne reste aujourd'hui du château, qu'une vaste cave voutée aménagée en salle socio culturelle, et une fenêtre de la fin du 15éme siècle sur le pignon ouest.
Le château du XVIIème siècle aurait été construit du temps de la jeunesse de Jean-Charles de BELCASTEL ; Une tour à mâchicoulis, probablement du château primitif, jouxtait la grande demeure élevée au 17ème siècle.
Un inventaire de 1666, à la mort de Jean-Charles, permet de se rendre compte de l'importance de la demeure et du nombre de pièces : un vestibule d'entrée, appelé la salette, donnait accès à la cuisine et au cabinet bas de la dame de Belcastel qui y rangeait ses habits. La famille de Belcastel se tenait dans la salle basse du château meublée de fauteuils et chaises tapissés de moquette et de plusieurs tables recouvertes de tapis. Les murs étaient recouverts de tapisseries de haute lisse et ornés de six petits tableaux. S'ensuivaient deux chambres dont celle de la dame, Françoise de Giscard, avec cabinet et antichambre qu'on appelait la salette haute. Celle du seigneur renfermait une alimande contenant tous les registres d'arrentement signés du notaire Rodes et du notaire P. Martin. Au dessus, il y avait encore trois chambres : la chambre jaune, la chambre des capelans-fils prêtres de la famille de Belcastel, et la chambre neuve.
Les dépendances étaient nombreuses : sommelleries, fournial, écuries, garde-pile et jusqu'à une boutique de tisserand, plus le pressoir à huile proche du château.
Le château a commencé à se délabrer avant la révolution puisque Jean-Baptiste Del Peyronenc lui préférait le séjour du château de St-Chamarant.
L'église fut remaniée en 1880, sur les bases d'une église romane couverte de lauzes, dont on peut voir les soubassements, une étroite ouverture romane et la trace d'un enfeu sur le mur nord. Une porte du XVIIème siècle, murée maintenant, donnait sur la chapelle sud. Probablement réservée au seigneur, à proximité du château.
Deux chapelles de part et d'autre du cœur, dédiées, l'une à la Vierge et l'autre à St Cyr et Ste Juliette, patron et patronnesse de la paroisse.
Le cimetière entourait l'église. Il fut transféré en 1860 à la sortie du village. Des intempéries dévastatrices, en 1859, avaient entraîné une surmortalité, obligeant l'inhumation des morts avant la fin des travaux dans le nouveau cimetière.
Le sonneur de cloches était rémunéré, jusqu'à la fin des années 50, par les paroissiens qui s'acquittaient, pour certains, en donnant une mesure de blé. Le blé qui, à la même époque, servait de monnaie d'échange avec le boulanger pour du pain.
Le presbytère fut vendu nationalement le 27 pluviose an V à Pascal Picon, commissaire de la République. Il fut ensuite vendu à la commune le 18 avril 1811 par Catherine Prunis.
Le frère de Catherine Prunis, Joseph Prunis né à Campagnac en 1742, ecclésiastique et homme politique, sous-prieur de l'abbaye de Chancelade 1769, prieur de l'abbaye de Saint Cyprien et censeur royal 1782, maire de Saint Cyprien en 1790, sous-préfet de Bergerac et député au corps législatif de 1804 à 1810.
Au 1er siècle, les Romains introduisent la vigne en Aquitaine et nos coteaux se prêtaient bien à cette culture. Au 16éme siècle, presque tous les habitants possédaient leur petite parcelle.
Le comte de Clermont-Toucheboeuf se souvenait avec délectation en 1794, durant son exil en Irlande, de la petite vigne de son domaine de Spentirac à Campagnac « plantée d'excellent muscat où il se fait deux bonnes barriques de vin blanc délicieux et la vigne de Spintiraguet portant près de 30 pièces d'assez bon vin ».
En 1860, la vigne occupait 400 hectares sur la commune. Au 18éme siècle, le vin et l'eau de vie étaient embarqués dans des gabarres sur le port de Domme et expédiés vers Bordeaux.
Dans les années 1950, chaque maison possédait encore son carré de vigne pour la consommation domestique. Aujourd'hui, un vigneron passionné, a replanté quelques parcelles de blanc en culture bio.
Quand on se promène sur le causse, on peut retrouver des traces de ces anciennes parcelles entourées de murs de pierres sèches où les anciens cultivaient la vigne. On peut y voir aussi des gariottes poulaillères (cabanes de pierres sèches) et des cayrous (gros tas de pierre) résultats de l'épierrement des champs pendant des générations.
De nombreuses fontaines aménagées par l'Homme, ont procuré l'eau potable aux villages pendant des siècles, avant l'arrivée du réseau public dans les années 60.
Tout ceci constitue un héritage visible du labeur de générations de femmes et d'hommes qui ont cultivé et aménagé ce territoire. Des sentiers balisés permettent de découvrir ce patrimoine, ainsi que des maisons, granges et pigeonniers datant, pour certains, du XVIIème au XIXème siècle.
Les Romains ont donc apporté la vigne, mais aussi le châtaigner et probablement le noyer, aujourd'hui cultures emblématiques de la commune, avec la truffe qui gagne le territoire depuis quelques années. Dans une enquête agricole en 1833, il est indiqué que la truffe est abondante sur la commune. On en récolte 15 à 20 hectolitres chaque année.
Une fête et un marché de la truffe se tiennent chaque année en janvier, au cœur du bourg, à l'initiative d'un comité regroupant les trufficulteurs et les amis de la truffe.
Jusqu'à la fin des années 60, les paysans pratiquaient la polyculture et le petit élevage, qui assuraient des revenus stables. La vigne, le blé, le maïs et le tabac. Les cochons et les volailles pour la consommation du ménage, mais aussi pour la vente dans les foires, nombreuses dans la région. Des anciens aiment à dire qu'ils menaient à pied, des cochons et des oies pour la foire de Saint Pompon.
Superstitions : on croit aux revenants ; on consulte les sorciers pour savoir la cause des maladies des hommes et des animaux. On met dans l'eau des feuilles de lierre et le lendemain matin on compte les tâches qui s'y trouvent pour savoir le nombre de messes que réclament les âmes des morts.
Un usage ancien : dans les mariages on dresse une table pour faire manger les époux après la messe. Après le souper, on prépare un tourin bien poivré dans une soupière placée dans un chaudron, et on le porte sur une civière pour le faire manger aux époux.
Pendant la période révolutionnaire, l'administration des actes civils (mariages, déclarations de naissances et de décès) fut assurée par un commissaire de la République qui siégeait au chef-lieu de canton à Daglan.
De 1820 à 1830 : J-P Armand maire de Campagnac.
De 1831 à 1863 : J-B Gransault maire de Campagnac. La famille Gransault originaire de Salviac depuis le 15ème siècle. Pierre Gransault, grand père de Jean-Baptiste fut chirurgien à Campagnac vers 1774.
De 1864 à 1879 : Malaurie maire de Campagnac.
De 1879 à 1899 : Maradène maire de Campagnac.
En 1900 : Deltour maire de Campagnac.
En 1720 la paroisse de Campagnac compte 257 feux, ce qui représente probablement environ 1000 habitants.
La population de Campagnac a connu un déclin accentué et continu de 1860 aux années 2000.
Le phylloxera en 1865, puis l'essor et l'attrait des grandes villes industrielles accentuent l'exode rurale.
En 1921 : 549 habitants (dramatiques conséquences de la guerre 1914-1918).
Depuis les années 2.000 le nombre d'habitants se stabilise grâce à l'arrivée de populations extérieures, retraités, mais aussi des jeunes ménages actifs.